
DU PERSONNEL DE SANTE UKRAINIEN EN FORMATION A SAINT-NAZAIRE
La première « promotion » de soignants venus de l’hôpital de Nemyriv.
Les sourires sont réservés mais pleins de reconnaissance. Ces personnels de santé ukrainiens mesurent leur « chance » après une semaine de « stage » au centre de médecine physique et de réadaptation de Pen Bron (CMPR), sur le site d’Heinlex à Saint-Nazaire. Ils sont cinq. Deux médecins, deux kinésithérapeutes et un ergothérapeute. Tous viennent de l’hôpital de Nemyriv, ville ukrainienne située à environ 200 kilomètres de Kiev.
« Ce sont des blessures très particulières, qui cicatrisent mal »
Un hôpital civil confronté aux réalités de la guerre depuis l’invasion russe du 24 février 2022. « À l’origine, c’est un hôpital civil qui s’est agrandi, a ouvert de nouvelles unités de réadaptation pour prendre en charge les blessés de guerre polytraumatisés, des prisonniers libérés par les Russes qui ont été torturés et ont subi des horreurs », explique Jean-François Maho. Il est coprésident de l’association nazairienne Droujba née après le début de la guerre pour venir en aide aux Ukrainiens. C’est grâce à Droujba que s’est noué le partenariat avec l’établissement nazairien et l’hôpital ukrainien.
L’association envoie du matériel par camion régulièrement : « Des lits, des armoires, des tables de chevet », précise l’intéressé. Le dernier camion est parti ce jeudi 4 juin 2026. Trois camions de 38 tonnes sont programmés en septembre. « Mais nous n’avons plus l’argent pour les faire partir. Je fais passer le message. »
Des amputations à cause des mines
Il y a le matériel donc. Essentiel. Et les hommes, ces soignants qui œuvrent au quotidien pour tenter de réparer les dommages de la guerre sur les corps et les esprits.
«Dans l’hôpital ukrainien, quelques 210 lits permettent d’accueillir des patients dans douze départements. L’équipe cumule 400 employés…».
Pendant cette semaine de stage à Saint-Nazaire, les cinq soignants sont venus découvrir un autre savoir-faire, du matériel qu’ils n’ont pas à disposition, comme les exosquelettes. Il est pourtant nécessaire.
« Nous faisons des soins de réadaptation très spécialisés », confirme le docteur Serhii Romaniuk, jeune médecin de 26 ans. « Ce sont des blessures très particulières, qui cicatrisent mal. Des amputations des membres inférieurs et supérieurs à cause des mines, des explosions », poursuit l’intéressé. « On travaille aussi pour réintégrer les militaires dans la société».
La tâche est immense, proportionnelle à cette guerre qui s’éternise. Les conseils et méthodes observés pendant le stage au CMPR seront forcément précieux. Il manquera les soins post-traumatiques, la prise en charge des grands brûlés sur lesquels l’établissement nazairien n’a pas de spécialité.
«La plupart des soldats ont des troubles psychologiques importants» souligne Olena Verlan-Kulshenko. «Si le pays sauve des vies, il sauve aussi des soldats, la médecine est aussi importante pour nous que la guerre».
Une nouvelle promotion est attendue dès juillet.
Nota: article Droujba rédigé à partir de témoignages et d’articles de presse.
Voir aussi l’article de Presse-Océan du 06/06/2026 suivant : Un programme de formation de médecins ukrainiens à Saint-Nazaire
